Koko le gorille qui parle

Koko le gorille qui parle

DE BARBET SCHROEDER

France, 1978, 90’, prod. et dist. Les Films du Losange

Dans une grande caravane, sur le campus de l’université de Stanford, une jeune psychologue américaine, Penny Patterson, mène une expérience unique au monde : l’éducation du premier gorille qui parle avec les mains. À 7 ans, Koko utilise avec précision 350 mots et en comprend plus de 500, ce qui lui permet d’exprimer tous ses besoins et la plupart de ses désirs.

Barbet Schroeder a passé deux ans à négocier la possibilité de tourner ce film.
Le tournage s’est effectué en partie clandestinement à raison d’une à deux heures de prises de vues par jour, pas plus : « Il fallait tenir compte des humeurs de Koko, qui refusait parfois de travailler, et des humeurs de Penny… »

« J’avais depuis toujours envie de filmer des gorilles. Je caressais l’idée de faire, à partir des travaux de Diane Fossey au Rwanda, une étude filmée de six mois sur les modes de communication entre eux de ces gorilles en liberté et sur leurs rapports avec cette femme. J’étais d’autre part passionné par la révolution scientifique que représentaient les résultats des expériences de langage avec les chimpanzés. Je pensais que seul le cinéma pouvait en rendre compte. Lorsque j’ai appris que l’expérience avait été tentée avec un gorille, ça m’a tout de suite intéressé… Koko était à l’origine un film de fiction basé sur un drame avec un scénario sur lequel avait travaillé Sam Shepard : le zoo auquel elle appartenait voulait la récupérer. Penny, l’étudiante qui éduquait Koko, ne pouvait se résoudre ni à rompre les liens qui s’étaient instaurés, ni à interrompre l’expérience scientifique. Dans ce projet de fiction, Penny et Koko fuyaient en Afrique et tentaient de se faire admettre par un groupe de gorilles en liberté. La fiction l’emportait largement sur le documentaire. Mais quand Barbet Schroeder vit Koko, quand il commença à partager sa vie quotidienne, et renonça à son projet, estimant que le spectacle de la réalité se suffisait à lui-même…

Michel Cyprien

 

« Koko était un gorille femelle connaissant trois cents mots dans le langage des signes américains – capable de nous dire avec les doigts ce qu’elle voulait, ressentait, etc. Il y avait clairement du nouveau entre les hommes et les bêtes, un moyen de mieux échanger idées et émotions malgré le fossé qui nous sépare. Barbet disait que sa remarque préférée de Koko, c’était : “Je ne sais pas. Pas facile de décrire la puissance qui se dégage du film au moment où la barrière de la communication tombe. Je crois que le moment fort, pour moi, c’est quand Koko veut porter un pull pour sa promenade. On lui demande : « Celui-ci ? » “Non. “Celui-là ? “Non. “Lequel alors ? Et Koko de répondre : “Le pull rouge. Comme si on se mettait à parler avec la planète Mars, ou avec un arbre. C’était génial, terrifiant, bouleversant.»

Charles Bukowski, Shakespeare n’a jamais fait ça, éd. 13è Note, mars 2011

Pour visionner ce film, rendez-vous sur le site de la 25ème heure en cliquant ici